Visite historique du président érythréen en Ethiopie


Entre 70 000 et 100 000 victimes

Autrefois façade maritime de l’Ethiopie avec les ports de Massawa et d’Assab, l’Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991.

Or, de 1998 à 2000, l’Ethiopie et l’Erythrée se sont livré une guerre conventionnelle, avec chars d’assaut et tranchées, qui avait fait entre 70 000 et 100 000 victimes, notamment en raison d’un désaccord sur leur frontière commune. Le refus éthiopien d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière a ensuite entretenu l’animosité entre les deux pays.

Lire aussi :   Détente prometteuse entre Erythrée et Ethiopie

L’Erythrée, pays paria

Cette tension de presque deux décennies a été traversée par d’accès de violence, notamment lors d’incidents le long de la frontière, demeurée litigieuse malgré les indications de délimitation proposées par une commission indépendante à la demande des belligérants dans le cadre des accords d’Alger.

Ces troubles sont aussi à l’origine des déplacements de populations et des flux migratoires vers l’Europe. L’Erythrée, un des régimes les plus fermés et les plus répressifs au monde, a pris prétexte de questions sécuritaires pour museler toute opposition et interdire la presse indépendante. Il impose aussi un service militaire obligatoire qui peut durer indéfiniment, une autre des raisons qui incite les jeunes à fuir le pays. La détente avec l’Ethiopie voisine est ainsi assurément une manière pour le pays paria d’ouvrir la voie à une certaine normalisation, en s’inscrivant dans les changements en cours dans la Corne de l’Afrique.