Madagascar rattrapée par ses vieux démons

Deux mois après le début de la crise provoquée par l’adoption de lois électorales non conformes à la Constitution et la répression des manifestations qui a suivi, le feu couve toujours à Madagascar.

Le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, accusé d’avoir acheté des votes de parlementaires, a échappé à la destitution réclamée par ses opposants. Un premier ministre et un gouvernement dits « de consensus » ont été désignés, avec pour mission de conduire à son terme le processus électoral. Pour autant, les affrontements ouverts et les tractations secrètes entre les principaux partis politiques et leurs candidats supposés continuent d’alimenter l’instabilité et donnent une nouvelle fois le spectacle d’une classe politique davantage préoccupée par la défense de ses propres intérêts que par l’avenir du pays.

Les trois grands prétendants – dont aucun n’a annoncé officiellement sa candidature – sont bien connus. Il s’agit de Marc Ravalomanana, président chassé du pouvoir en 2009 par le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina (probable candidat lui aussi), avec le soutien de l’armée. Le président déchu et le putschiste – rebaptisé président d’une « Transition » qui dura cinq ans – n’avaient pas été autorisés à se présenter à l’élection de 2013. C’est alors Hery Rajaonarimampianina, ministre des finances de M. Rajoelina, qui avait été choisi par son mentor pour affronter les urnes (il devrait briguer un second mandat).

La loyauté attendue en retour ne fut pas au rendez-vous, mais cette « trahison » n’a pas modifié les mœurs politiques qui minent la Grande Ile. Détournement de fonds publics, scandales de corruption et trafics de matières premières ont rapidement refait surface, malgré les promesses de jours nouveaux.

Retour des bailleurs de fonds

Habitués à ces jeux de pouvoir dont ils n’ont jusqu’à présent rien retiré, les Malgaches semblent patienter avec une sorte de fatalité. En dehors de la capitale, où l’occupation de la…