Libye : au moins douze morts dans une attaque contre la Haute ..


Le siège de la Haute Commission électorale libyenne (HNEC – High National Election Commission) à Tripoli a été la cible d’une attaque, mercredi 2 mai. Au moins douze personnes ont été tuées et sept autres blessées, a annoncé le ministère de la santé dans un nouveau bilan. L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat.

Quatre individus armés ont attaqué le bâtiment de la HNEC dans la matinée, selon Mohamad Al-Damja, un haut responsable de la sécurité à Tripoli. « Ils ont abattu les gardes avant de tirer sur les personnes présentes », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.

Au moins deux assaillants ont ensuite fait détoner leur charge explosive à l’arrivée des forces de sécurité, a-t-il ajouté, précisant que le siège de la HNEC avait pris feu et été gravement endommagé. Les forces de sécurité maîtrisent désormais la situation, a-t-il souligné.

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« Attaque terroriste »

Dans un communiqué, le gouvernement d’« union nationale » (GNA – Government of National Accord) a dénoncé une « attaque terroriste ». « Cette attaque lâche n’empêchera pas le GNA de continuer à apporter son soutien à la HNEC », a assuré le cabinet de Faïez Al-Sarraj, affirmant son « engagement à [respecter] le processus démocratique pour la tenue des élections afin de mener la Libye à bon port ».

La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a également condamné l’attentat, « avec la plus grande fermeté ». « De telles attaques terroristes ne dissuaderont pas les Libyens d’avancer dans le processus de consolidation de l’unité nationale et de construction de l’Etat de droit et des institutions », a ajouté la Manul sur son compte Twitter, appelant « les autorités libyennes à poursuivre et traduire les auteurs [de l’attaque] en justice le plus rapidement possible ».

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Elections à venir

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités s’y disputent aujourd’hui le pouvoir : d’un côté, le gouvernement d’« union nationale » (GNA) reconnu par la communauté internationale et installé à Tripoli ; de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays, avec le soutien du puissant et controversé maréchal Khalifa Haftar.

Pour départager les camps rivaux, la communauté internationale et l’Organisation des Nations unies pressent pour la tenue d’élections dans le pays en 2018. La HNEC, considérée parmi les rares institutions crédibles et indépendantes, avait organisé les deux premières législatives en 2012 et 2014, réinstaurant cet exercice après quarante-deux ans d’interdiction sous la dictature. Elle a déjà achevé le processus d’enregistrement des électeurs pour de nouvelles élections, dont la date n’a pas encore été fixée.

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